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Entretien avec Gilles Duperron

15/09/2008 - Lu 559 fois
Gilles Duperron pourrait être qualifié de « photographe de l’éphémère ». Alors que souvent, les photographes de nature traquent les lumières de l’aube ou encore celles du couchant, Gilles quant à lui, préfère la lumière des éclairs. Epiant le moindre orage, dès que le ciel se fait menaçant, il saute dans sa voiture afin d’immortaliser ces déchirures du ciel.

http://duperron.chasseur-orage.fr/


Son site : Gilles Duperron


1.    Votre travail photographique est exclusivement dédié aux orages. D’où vous vient cette passion et comment l’expliquez-vous ?

En 1994 Alors que je venais de me payer mon premier reflex, un Minolta 7000i pour ne pas le citer, je faisais des photos tout azimut, sans avoir de sujet précis, mais tout ce qui était à ma portée.
Et cette année j’étais en vacances à la montagne avec des amis, un orage nocturne sévit en face sur l’autre chaîne de montagne : j’installai alors un trépied et fit une dizaine de photos.
Au final, deux photos « réussies »… C’est ainsi que ma passion pour les éclairs était née.
Le fait de ne pas faire de photos sur des sujets plus communs était une manière de me démarquer et de faire quelque chose d’original.
Mais ce n’était qu’un coup de chance, car c’était en 1994 et le numérique n’existait pas encore, j’ai mis environ 3 ans pour arriver à un résultat correct, et cette recherche de la bonne technique et des émotions suscitées par la foudre, fait qu’aujourd’hui quelle que soit l’heure de la nuit, lorsqu’un orage éclate, je saute dans ma voiture, matériel déjà prêt et je parcours plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres pour parfois : rien !
C’est tout l’intérêt de la chose : même si on ne fait pas de photos, le plaisir est là, l’adrénaline et l’excitation sont présentes à chaque fois.

2.    Avez-vous reçu une formation spécifique en météorologie ou en climatologie ?

Je n’ai aucune formation, tout s’est fait sur le tas, et je dois dire que je n’y connais que le strict minimum, par contre j’ai appris à reconnaitre les signes avant coureurs d’un orage, un peu comme une méthode indienne et beaucoup d’instinct, un brin de chance et de l’intuition…



3.    Vos prises de vue s’effectuent en général de mai à septembre. Doit-on comprendre que vous ne faites pas de photos le restant de l’année ?

Entre mai et septembre, la saison des orages bat son plein, mais le reste de l’année, je ne mets pas forcement mes appareils aux placards, je me tourne alors sur mes enfants, la famille, les sorties…
Un peu de tout, j’aime beaucoup avoir mon appareil entre les mains… Un peu comme une extension de mes bras.


4.    L’orage reste l’un des éléments naturels qui impressionnent depuis l’enfance. Avez-vous déjà eu peur lors de certaines sorties ? Vous est-il arrivé de tutoyer la foudre  ou d’assister à un phénomène rare ?

Lors de certaines sorties, effectivement, il m’est arrivé d’avoir la frousse, lorsque les impacts sont très proches (même si dans la voiture, on est le plus a l’abri) mais l’excitation prend le dessus, et la peur n’existe qu’un centième de seconde…
Lors de mes premières années d’expérience, je me souviens d’une soirée, accompagné de ma femme, où la foudre est tombée entre 300 et 500 mètre, inopinément alors que l’orage sévissait plusieurs kilomètres plus loin. Ce fut la fin de la séance, même si l’orage n’était pas terminé, la soudaineté de l’événement m’a rappelé à ma place de simple humain.
Je ne me souviens d’aucun phénomène rare qui aurait attiré mon attention…. Juste des tubas il y a deux mois (des petites tornades qui ne touchent pas le sol), mais il semblerait que cette année fut prolifique en ce genre de phénomène.


5.    Techniquement, photographier un éclair reste souvent pour beaucoup de jeunes photographes une prouesse technique. Pourriez-vous dévoiler un de vos « secrets » ?

Je ne vais pas dévoiler un secret, mais tous les secrets. Pour cela : http://www.chasseurs-orages.com
Des conseils, des astuces et une communauté de passionnés. L’internet et le numérique ont permis aux nouveaux passionnés de croitre chaque année, et ce style d’image est désormais facilement accessible… Après à chacun d’y mettre sa patte…


6.    La communauté des hommes s’inquiète de plus en plus pour l’avenir de la planète. Elle évoque de plus en plus les problèmes liés au réchauffement. Votre passion pour le ciel ne datant pas d’hier, avez vous remarqué des changements notoires à ce sujet au fil de vos prises de vue ?

Alors il est vrai que depuis que je cours après les orages j’ai remarqué qu’ils ont changé leur façon de survoler notre pays : les flux se sont décalés vers l’Est, et depuis quelques temps, Lyon devient très électrique.
Est-ce dû au réchauffement de la planète ? Je ne saurais le dire avec certitude, mais les faits sont là, et de la coïncidence à cette explication il n’y a qu’un pas….


7.    Quels sont vos prochains projets photo ?

Je n’ai pas de projet  photographique à proprement parler, je fais suivant les humeurs et les envies… De temps à autres je fais des mariages dans mon entourage, surtout pour le plaisir de faire de l’image… Ensuite, le reste de l’année, c’est de la retouche sur logiciel lorsque le temps ne le permet pas.
Depuis longtemps j’envisage de faire de photo grand champs en astronomie, j’ai le matériel, mais il me manque le temps (avec deux enfants en bas âge à la maison, il  me faudrait des journée de 48 h), il faudra donc que j’arrive à m’octroyer un certain laps de temps pour ça !
Auteur : Dominique TIBERI infos sur l'auteur | contactez l'auteur | le site de l'auteur